La science s'intéresse de près à la communication animale
- Romina De Gregorio
- 30 nov. 2025
- 3 min de lecture
Enfin une recherche qui va donner du crédit à la celle-ci... MAIS surtout une juste place aux animaux!
L'Université de Liège résolument avant-gardiste
Un projet scientifique inédit a vu le jour en septembre 2025 à l’Université de Liège (hip hip... celle où j'ai fait mes études en philo et lettres). Porté par l’anthropologue Vanessa Wijngaarden et financé par l’European Research Council, il explore une question fascinante et qui ne fait plus aucun doute sur ce blog:
"Et si les animaux avaient réellement une voix que nous pouvions entendre et comprendre ?"
De quoi s’agit-il ?
Le projet s’attaque à notre vision très « centrée humain » du monde pour imaginer de nouvelles manières d’entrer en dialogue avec les autres espèces. Au cœur de la recherche : la communication intuitive interespèces. Encore trop peu étudiée scientifiquement, cette pratique permet aux humains un véritable échange réciproque, précis et profond avec les animaux, bien au-delà des signes et vocalisations que nous connaissons.
Plus concrètement
Cette recherche va durer 5 ans, pendant lesquels les chercheurs vont collaborer avec un maximum de communicateurs animaliers issus de cultures et de milieux différents afin d’apprendre de leur savoir-faire (hip hip... j’ai d’ailleurs la chance de contribuer à mon petit niveau à cette étude !). Ils examineront en profondeur comment les personnes et les animaux peuvent communiquer de manière détaillée, différemment de la communication humaine standard qui utilise des mots. Mais c’est l’objectif même de cette étude qui la rend extrêmement innovante!
Pourquoi ce projet est-il essentiel ?
La science a démontré, ces dernières décennies, l’intelligence, la sensibilité et la richesse communicationnelle des animaux. Pourtant, leur point de vue reste largement invisible dans la recherche académique. Le projet ANICOM ambitionne de changer cela.
Son objectif : intégrer pleinement la voix animale dans les sciences sociales en développant des Méthodes Dialogiques Multi-espèces, c’est-à-dire qui permettent d’étudier les relations entre humains et animaux comme un dialogue, une interaction réciproque, et non à sens unique.
Actuellement, les animaux sont souvent vus comme des objets d’étude, et non comme des êtres ayant une « voix » ou une manière propre d’exprimer leurs besoins, comportements ou relations. L’objectif du projet est donc d’intégrer la
« voix animale » dans le milieu scientifique, c’est-à-dire de tenir compte de ce que les animaux « disent » par leurs comportements, émotions, interactions et modes de communication.
Une approche innovante, plus éthique et plus inclusive
Cette recherche invite à écouter autrement le vivant et à reconnaître la diversité des formes d’intelligence non humaines. Le groupe de recherche estime que la science devrait répondre aux besoins de toute l’humanité, ainsi qu’à ceux de la Terre et de toutes les formes de vie qu’elle abrite.
« Il est temps d’écouter autrement, d’apprendre autrement, et d’ouvrir nos esprits aux formes d’intelligence non humaines », souligne Vanessa Wijngaarden.
En résumé : Le projet vise à faire des animaux de véritables acteurs de la recherche et ce en développant des méthodes permettant de mieux comprendre ce qu’ils expriment.
Un immense bravo à toute l'équipe de chercheurs pour cette démarche visionnaire et en particulier à Jean-Pierre Barutwanayo (qui se consacre aux communicateurs animaliers belges) pour son investissement, sa motivation, son enthousiasme et mille succès à eux!
👉 Découvrir le projet : https://uliege.pulse.ly/21lxksarxg
Illustration tirée de la publication FB du 25 juin de l'ULG: https://www.facebook.com/universitedeliege





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